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| Siège de la Mairie de la commune rurale de Bana dans la province des Balé Crédit photo: lefaso.net |
fin du siècle dernier dans divers Etats africains. Elle se veut un système de dévolution de pouvoir de l’Etat central vers des structures situées à des échelons inférieurs. Aussi, se définit-elle comme étant un instrument de la démocratie et de la participation citoyenne à la gestion des affaires locales.
Le Burkina Faso, depuis
l’adoption de la constitution du 02 juin 1991, a choisi comme fer de lance de son
développement, la démocratie. Cette entreprise qui venait de rompre avec la
période révolutionnaire ne s’y opposait pourtant
pas dans le fond car, elle entendait créer plus de responsabilisation du citoyen et redonner force au peuple.
pas dans le fond car, elle entendait créer plus de responsabilisation du citoyen et redonner force au peuple.
En 1995, après le constat fait de
la faiblesse du pouvoir central à mieux se pencher sur les questions de
développement local, le pays tenta sa première expérience de décentralisation
formelle. Les Textes d’Orientation de la Décentralisation (TOD) de 1998
viendront apporter une grande contribution à l’enracinement du processus de
décentralisation au Burkina Faso. Ils conduiront le pays à une loi
référentielle en 2004 portant Code général des collectivités territoriales
(CGCT), puis à la communalisation intégrale en avril 2006.
Dès lors, le citoyen est plus que
jamais vu, non plus comme simple bénéficiaire du développement, mais aussi et
surtout comme acteur et co-auteur du développement. Le vieux concept de la
participation sera ainsi resservi dans de nouvelles bouteilles, appuyé par des
discours développementalistes associant la responsabilisation de la base. La
pleine participation du citoyen à la gestion des affaires locales devient alors
le maître-mot.
Jadis vue comme un outil de
performance dans le cadre des projets de développement rural, la participation,
à travers la décentralisation, a pris une forme plus formelle dans le cadre des
réformes politiques majeures induites par l’avènement de la démocratisation.
Pour le milieu rural où les
enjeux du développement se posent avec acuité, une adéquation des actions de
développement local avec les besoins réels des populations peut être un
indicateur de succès incontestable. Avec le premier mandat post-communalisation
intégrale, l’attente d’un mode de gouvernance locale conciliant besoins des
populations et actions des gouvernants locaux a été vaine.
La logique qui sous-tendait les promesses de la
décentralisation, reposait sur trois éléments essentiels à savoir : la
démocratie qui s’observera par une plus grande participation à la prise de
décisions publiques, l’équité au sein des entités territoriales locales
à travers une répartition démocratique des bénéfices tirés des activités
locales et l’efficacité, c’est-à-dire l’efficacité économique et
managériale (Ribot, 2007).
Malheureusement, avec le projet
de communalisation intégrale mal planifié et mal exécuté, le pays s’est
retrouvé dans une vaste entreprise de politisation du développement local.
Plutôt que de booster le développement par la base, notre logique de décentralisation
créa des goulets d’étranglement de l’émergence d’un développement pour tous et
par tous. Or, la
décentralisation est censée être émettrice d’une démocratie nouvelle qui doit
permettre une plus grande responsabilisation des populations, surtout celles
les plus actives.
Au travers de la communalisation intégrale, l’espace public
local devrait être l’espace d’où émanent les politiques de développement par le
biais de la concertation à tous les niveaux. Car, atteindre les objectifs de la
décentralisation dans nos campagnes devra nécessairement passer par une
implication des citoyens ruraux dans la définition des politiques publiques
locales. Nécessairement.
Le processus de communalisation
rurale est caractérisé par une faible appropriation des enjeux de ce projet
hâtif par les citoyens ruraux. Cette faible préparation de la base faisait de
la communalisation intégrale un projet mort-né. Loin de susciter l’adhésion
populaire, ce projet à créer par le biais des partis politiques des fractures
sociales énormes en milieu rural. Aussi, se fait-il le constat d’un assistanat
chronique causé par la faiblesse des capacités de mobilisation financière à
titre propre de la majeure partie des communes rurales.
Le développement participatif
chanté sur toutes lèvres entre 2004 et 2006 demeure toujours une profession de
foi. La pratique est tout autre. Ce sont des maires, se croyant au-dessus de
tous les villageois et se mettant à prendre des décisions pour tous, qui pullulent
nos communes rurales.
L’opacité est le maître mot dans la gestion des affaires locales. Les femmes et les jeunes sont moins consultés par le politique. Le conseil municipal s’apparente à un lot de marionnettes aux ordres de « monsieur le maire ». Dans de telles conditions, à quand le développement local participatif ? A quand la matérialisation du projet de communalisation intégral salvateur, intégrateur d'une nouvelle forme de démocratie, pour soutenir le développement ?
L’opacité est le maître mot dans la gestion des affaires locales. Les femmes et les jeunes sont moins consultés par le politique. Le conseil municipal s’apparente à un lot de marionnettes aux ordres de « monsieur le maire ». Dans de telles conditions, à quand le développement local participatif ? A quand la matérialisation du projet de communalisation intégral salvateur, intégrateur d'une nouvelle forme de démocratie, pour soutenir le développement ?
La question reste posée. Il est
donc impératif, au moment où s’écrivent les nouvelles pages d’un « nouveau
Burkina », que soit mis sur la table cette nébuleuse question des communes rurales
comme vecteur du développement local. Il faut qu’on reparte sur de nouvelles
bases pour une citoyenneté rurale plus responsable. Oui il le faut! Surtout, pour ne pas faire les mêmes erreurs!
Rodrigue Hilou
rodhilou13@gmail.com

bien vu.
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